dimanche 26 décembre 2010
Des mots
Il est de certains mots comme d’un vieux pull qu’on aime porter même s’il n’a plus ni forme ni couleur. Il est moelleux et ample, on s’y blottit.
Il y a des mots que j’aime et qui me caressent avec une douceur inouïe. Se cachent en eux les arcanes d’insoupçonnés sourires mystérieux
complices.
J’aime leur chaleur lorsqu’ils se révèlent à moi comme un soleil orangé derrière une dune du désert.
J’aime leur fraîcheur lorsqu’ils tombent comme de torrentielles pluies indomptables. Ils me trempent tant que je n'ai d'autre choix que d'en rire.
Et en joyeux éclats le livre s’écrit,
Mot après mot
Des mots de joie, des mots ViVants
Des mots de pays perdus
Anges déchus, incarnés sur ma feuille
A l’encre noire de ma plume inflexible. Je vous écris, vous existez. Vous ne vous envolerez plus, je vous brise les ailes à mesure que vous me laissez m’envoler.
Pardonnez-moi.
mercredi 17 novembre 2010
mercredi 6 octobre 2010
tout nouveau tout beau ?
Nouvelle année donc. Nouvelle Marie, alors ?
Dans ma nouvelle vie, il y a plein de choses, c’est drôle. Je croque dedans, comme dans une pomme très acidulée, et ça pique tout doux. Il y a la boulange – évidemment. Le bon goût du bon pain. Chez un grand nom de surcroît. Mais il y a que dans ce monde, je ne veux plus m’enthousiasmer trop tôt, alors je préfère avoir ma petite vie à côté. Ma vie de Marie, de quand je ne suis plus boulanger, de quand je vais au théâtre ou au concert avec des chaussures à talons. Et ce recul fait vraiment du bien. J’ai mis longtemps à l’acquérir, mais quel plaisir, enfin. Alors il y a le travail, l’ambiance du travail, il y a le nouveau studio cosy-un peu vide-lumineux, avec le petit four où déjà ont été enfournées de jolies miches au levain, et puis il y a les amis, les cafés, la rue Ste Anne, les sièges rouges des salles parisiennes,
Ma dernière année d’apprentissage, ma dernière année de zenitude, ma dernière année au tarif étudiant, je la veux remplie, je la veux joyeuse, pétillante, empailletée. Et c’est ainsi que je la bâtirai.
En route, ladies and gentlemen.
lundi 27 septembre 2010
Revivre ?
Des mois d'angoisses et de vide, de cris sourds et de désespoirs.
Puis le soleil de l'été, enfin.
La Pologne avec l'école qui m'a permis de quitter Paris, de prendre l'air - et le bon, de voyager à nouveau. Et le spectacle de clown, et le reste...

Quelle belle pause que l'été !
le retour à l'eau, toujours magique et vivifiant. La mer et ses bruits étouffés, la mer et ces roches sauvagement sculptés, la mer était là. Face à moi.

Cristalline et si pure. Inspirante.
Il y eurent ces quelques jours à Aix dans la maison du bonheur où les rires et le vin coulent à flots. La maison de Christine et Hervé où il n'y a pas d'âge, où les générations se croisent sans cesse.
Le mariage d'Anne-Soph.
Deux mots, un univers.
L'émotion y a été si forte. Si forte. Elle avalait nos paroles, elle se lisait sur nos visages, elle nous rendait beaux de joie.
Anne-Soph resplendissait. Elle était magnifique.

Et l'inattendu, le scoop de l'été, le RETOUR AUX CALANQUES !
c'est en tant que cuisinière que je suis retournée 13 jours à Niolon couper les tomates, râper les carottes, flâner au soleil et taquiner les stagiaires. J'y ai découvert une ambiance de travail détendue et joyeuse à laquelle mes précédentes entreprises ne m'avaient pas du tout habituée ! J'y ai découvert que mon travail savait être apprécié et qu'il était possible de combiner tout à la fois le cadre idyllique et les collègues sympathiques.
Mais septembre arrivait... il fallait redevenir apprentie. Délaisser l'habit de femme et remettre son pantalon pied de poule.
Mais regonflée à bloc, et en route pour une nouvelle année.
mercredi 28 avril 2010
samedi 10 avril 2010
il y a
samedi 3 avril 2010
Levain - volet 2
Phrase particulièrement adaptée à ces quelques jours pascals...
Si vous avez bien suivi l'article précédent, un pain sans levain, c'est un pain sans agent levant
oui parce que ces textes ont été écrits avant la découverte de la levure
sinon on pourrait dire qu'un pain sans levain, c'est une baguette, c'est du pain de mie, c'est un pain complet basique, ou un pain aux céréales...
Donc un pain sans levain à l'époque des textes bibliques, c'est juste de la farine et de l'eau
un truc un peu fade et un peu moche
un cake quoi
un truc plat,
pas de mie, pas de trous
un étouffe chrétien si je puis dire sans insulter personne, puisqu'à l'époque des textes bibliques, zétaient pas encore chrétiens :)
that was for the minute of culture
dimanche 28 mars 2010
Levain
filent les jours
plus d'articles,
du silence et du vide
Depuis maintenant presque un mois, j'ai lancé mon levain.
késako le levain, vous demandez-vous, fébriles
Dans le pain que vous achetez, il y a de la farine, oui
de l'eau, oui
du sel, re-oui
et...
un agent levant
la plupart du temps, il s'agit de la levure
c'est elle qui permet à la pâte de gonfler, de prendre ainsi du corps, du goût, et d'éclater au four
c'est elle qui donne ses trous à la mie
seulement c'est Pasteur qui a découvert le schmilbick et qui l'a popularisé
pourtant, les Français l'ont pas attendu pour manger du pain,
et leur pain, l'était bon quand même
what was their secret then ?
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Le levain permet également à la pâte de lever,
c'est un mélange de farine et d'eau, tout simplement
parfois il y a autant d'eau que de farine, on a alors un levain liquide, qui a souvent un arôme lactique, doux, presque imperceptible
parfois, il y a moins d'eau que de farine, on a alors un levain ferme. Il a un arôme assez acide, caractéristique des grosses miches de campagne que vous connaissez probablement
toutes les 8 heures, le levain est remélangé à de l'eau et de la farine. Cela s'appelle rafraichir le levain. Il double, voire triple de volume en 8h, et doit être alors rafraichi à nouveau.
Les boulangers le mettent généralement au froid. Cela permet de ralentir la fermentation et de ne le rafraichir qu'une fois par jour (on peut aussi le saler, ça régule la fermentation)
Evidemment, le levain, ça ne naît pas comme ça. Sinon toutes les pâtes à crêpes doubleraient de volume pendant leur temps de repos.
Il faut 5-6 jours de rafraichis successifs pour que les bonnes bactéries responsables de la fermentation soient réactives.
En fait, un levain, c'est une culture de bactéries naturelles et de levures sauvages.
On incorpore ensuite le levain à la pâte de la pétrissée finale (en gardant évidemment une partie du levain pour le rafraichir). La pousse sera plus faible et plus lente qu'une pâte à la levure. Mais le goût du pain au levain est irremplaçable. Il se conserve mieux, sa texture est plus dense, sa croute plus épaisse.
ET EN PLUS, il contient beaucoup moins d'acide phytique qu'un pain sur levure. Et l'acide phytique (très présent dans les céréales complètes) limite l'absorption des minéraux (comme le calcium). En gros si vous mangez du pain complet, essayez de vous trouver un boulanger qui le pétrisse sur levain.
et il a moins d'acide phytique parce qu'il contient la phytase (because son acidité), qui le détruit. Capito ?
Généralement, au cours du pétrissage final, quand on mélange le levain aux autres ingrédients, on ajoute un peu de levure pour booster l'ensemble et réveiller la mie (tiens, c'est joli ça comme expression). Mais en France, on ne peut vendre sous l'appellation PAIN AU LEVAIN que si dans la pâte finale, on n'a pas mis plus de 0,2% de levure par rapport au poids de farine total (farine du levain comprise).
Vous allez penser que ce n'est rien, comme chiffre
mais laissons les parler, ces chiffres :
dans 1kg de farine (sachant que, si vous avez bien compris, le levain est la fermentation naturelle de la farine activée grâce à l'eau), il y a 6-7000 cellules
et dans 1g de levure, il y a 6-7MILLIONS de cellules !!
si vous rafraichissez votre levain dans un batteur que l'apprenti a oublié de nettoyer, et qu'il reste des bouts de pâte, donc quelques grammes de levure, ça change toute la donne de votre levain !!!
il faut être très scrupuleux
en fait, le levain, c'est l'aventure
faut en prendre soin
certains boulangers se le transmettent de père en fils, certains le font "garder" pendant les vacances ("nounou levain cherche travail":) ), certains ne dorment pas plus de 5h pour s'en occuper (véridique !)
le mien, une fois qu'il a bien démarré (après 10 jours de rafraichis bi quotidien), je l'ai mis au frigo
quand j'en ai besoin je le sors, je le rafraichis, j'attends 2-3h, j'en prélève une partie pour faire mon ptit pain, et je le remets au froid. Il tient,
il m'accompagne en fait
mon ptit coloc
vendredi 5 février 2010
Vente
bonjour
En boulangerie, on fait du pain.
Certes.
Et puis on le vend.
Faut bien en vendre une dose de baguettes pour recevoir son salaire (version patronale : pour verser les salaires)
Et voilà donc à quoi ça ressemble...
dimanche 24 janvier 2010
Marcher en janvier à Paris
je prends enfin le temps d'un bon petit déj, mon thé chaud, mes tartines
ce rituel paradisiaque zappé 6 jours sur 7 au profit de la course vers le métro et du petit-déj debout au travail
et puis je commence à ne rien faire,
regarder des séries débiles,
facebooker
alors je décide de partir marcher, vers elle
objet de mon périple
la grande dame de fer
je suis bien couverte, il fait un tout ptit frais mais pas trop
et je marche
Paris est belle,
je passe devant la rue Jean Giraudoux, petit souvenir
des heures passées à chercher comment tourner les phrases du mémoire
des heures passées à nager dans la folie de Chaillot
des heures passées à rêver aux mises en scène de 45, à se demander si on est de la bonne époque
je continue à arpenter les rues pavées
au Champ de Mars, la pénombre commence
il y a partout des touristes qui se donnent la main et se prennent en photo
des vendeurs à la sauvette
non, jveux pas de toureiffelminiature
un petit garçon qui se promène avec ses parents
"oh c'est la même que Vanille" - il parle de son chien, je suppose
sa mère "non, Vanille est plus grosse, mais de la même couleur"
"oui, la même couleur que elle"
le père "on ne dit pas que elle, on dit "qu'elle" "
le fils "qu'elle elle est de la même couleur"
je souris,
joie du dimanche dans la pénombre fraiche d'une fin de balade
vendredi 22 janvier 2010
Je vois des fonds de quiche, je vois des sablés, je vois des galettes
ça tourne
je lance une crème d'amandes
puis une autre
et une autre
je garnis, je place mes fèves, je dore, je raye
et je recommence
Le four à pain me manque, la pâte si souple de la tradition
et je me demande pourquoi est-ce que j'aime ce métier
malgré ... malgré l'incessante indélicatesse, la vulgarité, la violence verbale, malgré l'irrespect, le rustrisme, les fautes de français
malgré le manque de culture aussi
on me reproche de parler beaucoup de boulangerie
mais ça me tracasse
je voudrais avoir les idées claires sur ma future entreprise
je voudrais lancer mes produits, mes viennoiseries, mes pains aromatiques, mon levain
je voudrais me lancer !!! j'ai si hâte
alors ça tourne beaucoup dans ma tête
et quand je revois des gens "normaux"
je change de monde
c'est agréable
peut-être que Marie-Christine la boulangère n'a pas (complètement) effacé Marie-Christine la jeune fille
et pourtant
pourtant j'aime retourner au fournil
saisir la pelle du four
et entendre chanter la croûte du pain.
Masochisme.
samedi 9 janvier 2010
Back to clown
la liberté du nez rouge
le bonheur du nez rouge
et la magie du jeudi soir a recommencé
le temps d'oublier ce que l'on est pour n'être plus qu'un esprit fou dans un corps fou
le pain rangé dans sa panière, les croissants sur leurs étals. Ne reste que l'état clownesque
quel plaisir de remettre le nez, de refaire le check-up d'avant la scène
de sentir tout son corps simplement présent. sans neurones qui le guident. Juste le corps qui est là et qui s'oublie
quel plaisir de venir chuchoter au public des mots cueillis au hasard de l'ici et maintenant
des mots de tous les jours sublimés et devenus des poèmes
des mots de clowns
oui le plaisir du jeudi soir est de retour
ces quelques heures où je ne suis plus l'apprentie boulangère, où il n'y a plus d'ordres, plus de reproches, plus de baguettes trop cuites ou de croissants mal roulés
ces quelques heures où personne ne me demande de comptes, où personne ne me juge
où il n'y a que la bienveillante attention d'un public prêt à sourire
ces quelques heures de bonheur
instants volés de félicité
vendredi 1 janvier 2010
Les fêtes
Tout le monde est en vacances, tout le monde fait du shopping, les marchés de Noël embaument le vin chaud
Guirlandes dans les rues, guirlandes dans les coeurs.
Et puis il y a les boulangers.
Les boulanger, entre excitation en angoisse. Les fêtes... ou LE chiffre d'affaires de l'année.
Le jour où vous n'avez jamais pétri autant de seigle, le jour où les papiers de commande envahissent les murs du labo, le jour où il faut courir douze heures de suite, le jour où le four n'est jamais vide.
Le jour où les clients font la queue 50m derrière la boutique, le jour où on lance 3 pétrins de tradition de plus, le jour où les panières à peine remplies sont déjà vide et le répit tant espéré encore décalé.
C'est le jour où tout bouge, où rien ne s'arrête.
Le jour où l'on veut son lit, où il vaut mieux ne pas penser aux camarades endormis,
mais c'est aussi une bouffée d'excitation, l'impression de faire partie d'une grande aventure où chacun est utile, où chacun est nécessaire. Le jour où le client DOIT repartir content avec son seigle son seigle son seigle
(le client mange trop d'huitres, vous dites vous)
Le jour où on bosse des dizaines d'heures sans même s'en rendre compte,
où on rentre chez soi complètement lessivé
c'est le 24.
Puis la semaine est folle.
(bon, là où je travaille, c'est particulier : les QUATRE boulangeries voisines sont fermées!!!)
Tous les jours c'est comme des samedis.
Pfouh.
Et là, on l'ignore, le pire arrive.
Le 31.
La mort.
Vous vous dites que le quartier s'est concerté.
vous ne comprenez pas pourquoi les gens ne font pas leur pain chez eux (bin oui ?)
puis vous regrettez aussitôt cette pensée
vous rêvez un court instant au jour où vous serez chef d'entreprise
vous imaginez ces journées du 24 et du 31 où le tiroir caisse n'a même pas le temps de se fermer entre deux clients.
et là vous vous dites que les fêtes, c'est bien, quand même.
Instants de douces illusions.
Puis votre patron vous réveille.
Ce n'est pas fini.
Les galettes.
Vous pétez les plombs.
mardi 15 décembre 2009
lundi 30 novembre 2009
Slava snoshow
Images d'un spectacle merveilleux
où la poésie du clown l'emporte
où on ne craint pas le retour en enfance,
au milieu des bulles, de la neige, et des tempêtes de sable.
Entre spontanéité et technique
Un moment de lâcher prise.
Emouvant, transportant.
vendredi 27 novembre 2009
C'est comme la vie puissance 10.
Quelque chose qui se passe. L'accélérateur sur la route du bonheur.
J'ai retrouvé tant de choses que j'avais perdues.
La fougue, la joie quotidienne, l'audace,
oui l'audace
Évidemment au milieu de tout ça, le roi
l'unique,
le seul
celui pour lequel je dors si peu, celui pour lequel je cours, je sue, je stresse,
celui pour lequel je m'exalte,
lui
le pain
chaque jour il m'émerveille un peu plus. J'ai parfois du mal à le comprendre, il m'échappe. Il vit.
Il est lisse et doux. Il sent bon. Je le caresse.
Et puis soudain il mue.
Il gonfle il réagit, il devient fort.
je le casse, je le transforme.
je le domine, à nouveau
j'en fais une baguette, un bâtard, une boule, une tresse
et puis je le laisse dans son coin.
il grandit, encore,
je l'envoie au soleil, là-bas dans la bouche magique.
il se colore, il dore, il brille
il éclate, il se transforme
en sortant de là, il craquèle, il brûle, il me coupe les mains tant sa croûte est fine
je le dévore
j'ai gagné.
et toc.
Quelques proverbes entendus dernièrement
Nicolas, animateur du groupe de clown.
"Il n'y a pas de gars ni de filles ici, il n'y a que des boulangers"
François, mon collègue boulanger
"L'entrain : l'énergie que le sommeil n'apporte pas"
Moi (je cherche à comprendre mon organisme en pleine forme malgré le très peu d'heures de sommeil de ces derniers temps. La clé est là, sans doute. L'entrain.)
moi j'aime bien les phrases bien.
y a dla philosophie dans l'air jvous dis
mardi 24 novembre 2009
Clown - an introduction to
Je me suis dit que je posterai de temps en temps des petites vidéos de clown pour partager un peu...
je continue, ou bien là c'en est trop, je me ridiculise sur la toile ? :)
dimanche 22 novembre 2009
Clown
si l'on peut toutefois dire qu'il s'agisse d'un cours
on dira plutôt une "réunion de clown"
"une clownerie hebdomadaire"
"une bonne poilade"
"une soirée de remise en forme"
"une thérapie par le rire"
"du bonheur concentré"
"une profondeur quand même"
le jeudi soir, c'est tout ça. C'est fort.
tentons d'expliquer.
j'ai longtemps cherché un bon cours de théâtre. Un vrai cours, où l'on pourrait monter une vraie pièce et la jouer avec sérieux et rire sur une scène. Je ne voulais pas de sketches débiles dans une maison des associations municipales.
J'ai trouvé mon bonheur l'année où j'ai joué Ubu Roi au Guichet Montparnasse. On avait joué 2 mois, une expérience de rêve.
Et puis il y a eu l'Angleterre,
Et puis il y a eu la boulange.
Là, la donne a changé.
Pendant un an, j'ai eu des horaires trop changeants pour m'engager pleinement dans un cours. J'étais trop fatiguée pour apprendre un texte, pour lire,
et puis de toute façon, je n'en avais plus envie. Ma vie, c'était le pain. Le pain ma vie.
Et j'en étais heureuse.
Mais il manquait un piquant à ma vie.
J'ai besoin du théâtre.
Toujours.
J'ai cherché à nouveau, j'ai trouvé quelque chose. Mais... ça ne m'a pas convenu. J'y suis restée un mois.
Et puis cette année je me suis dit que j'allais me lancer dans un truc un peu plus fou. Le clown.
Mon ami Jean-François (théâtre 2003-2004) avait déjà franchi le pas. Stéphane d'Ubu Roi m'en avait parlé aussi. Et puis Matthieu m'avait toujours dit que plus tard, ce n'est pas prof le métier qui me convenait, c'était clown. Et puis j'avais déjà écrit sur le clown, sur le clown blanc, l'Auguste. La figure de clown m'a toujours fascinée.
Alors j'ai cherché un cours, et j'ai trouvé.
Le clown, c'est une figure.
Quand on entre dans la salle, on entre dans un monde un peu différent, un monde où tout n'est que bienveillance (Nicolas, le "prof" nous a dit ça dès le premier jour, et ça m'a énormément touchée). Pas de ridicule, pas de méchancetés, on est là. Ici, maintenant, on se livre.
Le moment où l'on enfile le nez rouge dans la coulisse, devant le miroir, est toujours un peu solennel. Puis on se fait un mini check up, comment est-ce que je suis là ? Quel clown est-ce que j'incarne ?
Et hop on arrive sur scène. Seul ou en duo. Pas de texte forcé. Une attitude, une présence.
Le regard du public, à ne jamais perdre surtout. Et puis on se livre. On ne sait pas trop comment, mais on essaye. Une mimique, une autre ? Surtout ne pas réfléchir, mais regarder. Regarder les commissures des lèvres du public chéri. Si elles se lèvent un instant, j'ai trouvé un atout. Un truc qui fait rire. J'essaye de le faire revenir tous les quelques temps.
Le clown est là.
Célébration de l'être par le détour de la dérision.
Il y a une profondeur du clown. Le clown n'est pas le pitre, il est là.
Il me révèle à moi-même. Il me calme.
Mon clown m'apaise,
mon clown me libère
je me lâche.
Mon clown est mon ami, il est moi, il est mon exutoire.
Il n'y a plus le pétrin, il n'y a plus les kilos et les kilos de farine, il n'y a plus à courir au four, à laminer ses pâtons, il n'y a plus les démissions, les nouvelles boîtes, les tracas.
Juste une dizaine de clowns qui s'amusent. Qui rient.
La bonne poilade.
Jeudi soir, minuit, je dors. Peu. le réveil est matinal.
Je retourne faire mon pain, et sur mon nez de Marie-Christine, il reste un peu de rouge, probablement.
Trois minutes de nostalgie
ça fait rire, ça fait pleurer
il y a les chansons qui rappellent des souvenirs; qui font resurgir de certaines profondeurs oublier des images, des images, des images
des images si colorées qu'on en croirait presque qu'elles ne sont pas que des images
elles sont la réalité, l'autre réalité. Celle d'avant, celle d'à côté. Virtuelle ? Réelle ? On ne sait pas, mais c'est là. Puissant, violent, enivrant.
Je parle de Rockcollection de Voulzy.
A peine je l'entends, je revois l'été au Liban.
Je revois Alex et sa guitare sur les pelouses de Rimal. Avec pleins de jeunes tout autour à admirer. Je revois la chambre où on dormait à Beyrouth et où il grattait sur sa guitare,
http://www.deezer.com/listen-989000
c'est drôle
j'ai vraiment l'impression d'y être
et là je vois tout ce qui s'est passé depuis. Et j'ai le vertige
alors je ferme les yeux, je passe à la chanson suivante
et Polnareff vient m'apaiser
lundi 2 novembre 2009
dimanche 25 octobre 2009
Nouvelle page...
Cette jolie page sur laquelle j'avais tant écrit et pour laquelle je vibrais tant. Après de longues heures de réflexion, je l'ai tournée. Les dernières lignes étaient trop difficiles pour moi, sans doute.
Et puis, il y a deux écoles.
Ceux qui disent que faire tout son apprentissage dans une même boite permet d'avoir un socle de connaissances solide.
Ceux qui prônent le changement et la confrontation de méthodes.
Chaque école a ses vices et ses vertus.
Je choisis la seconde. L'année prochaine peut-être, changerai-je à nouveau ?
Je pars à la découverte d'un nouveau monde. Une année qui sera, je l'espère, à nouveau enrichissante et gratifiante.
Je tends la voile.
Un vent se lève.
samedi 17 octobre 2009
jeudi 24 septembre 2009
jeudi 17 septembre 2009
samedi 12 septembre 2009
The one who wasn't a baker
Celui qui n'était pas boulanger
Celui qui n'était pas boulanger mais qui avait une copine boulangère
cui là qui pouvait dire à tout le monde que "moi jconnais quelqu'un en BEP, jsuis hyper ouvert"
cui là qui rêvait lui aussi de tout plaquer pour faire quelque chose d'un peu plus fou et d'un peu plus vivant mais qui en avait finalement un peu peur
cui là donc
l'était pas boulard
C'était un gens de lettres, un gens bien. Un gens qui lit et qui écrit
Un gens qui sort le soir au théâtre, à Saint Germain. Qui vous parle d'opéra et qui n'aime pas Beigbeder.
Bref, ce genre de personnage qui cristallise ses désirs les plus fous chez les autres.
Chez la boulangère en l'occurence.
Ce personnage est celui qui, lorsque je le croise, me demande immédiatement :
Question qui tue.
Silence.
La question qui anéantit tout et qui couvre votre âme innocente et fragile d'un voile noir et glaçant.
Car celui qui n'est pas boulanger ne le sait pas.
Donc je le dis aujourd'hui haut et fort, je le clame sur la toile Internet :
On n'achète pas un fonds de commerce en claquant des doigts, on n'ouvre pas une boulangerie après 3 ans d'apprentissage, on ne se lance pas tete baissée dans la création d'une entreprise qui vous grignotera chaque minute de votre insouciance.
Alors mes chers amis, attendez, attendez, attendez
et cessez de me tarauder avec the question that kills because I'm not ready yet
I still need to watch, to learn, to travel, to take responsibilities
Car rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Quelqu'un l'a dit
(un gens bien)
Amis d'un matin, amis du samedi,
bonsoir.
mercredi 2 septembre 2009
Rentrée
Rien à voir avec le BEP
Des gens plus motivés, plus intéressants, moins débiles que mes camarades de l'année passée
Des exigences parfois effrayantes mais stimulantes, à coup sur
Des possibilités d'essayer de nouvelles recettes, de créer, de se lancer.
Cette fois-ci, finie la rigolade, je passe là mon diplôme le plus important.
Enfin, ce n'est pas celui du plus haut niveau sur l'échelle des degrés de l'Education Nationale, mais c'est celui qui m'apprendra le plus sur mon métier.
J'étais étonnée aujourd'hui : en cours, les gens écoutaient
y avait pas dbruit
quand la prof' donnait quelque chose à faire, on le faisait
j'avais oublié.
complètement oublié ce que c'était, les vrais cours, l'atmosphère studieuse.
Et c'était tellement agréable.
C'est un vrai plaisir d'aller à l'école maintenant.
cette première semaine j'y ai fait mes premières viennoiseries au beurre. "Le beurre est le maitre". Il faut sans cesse jouer avec le froid, replacer son pâton au frigo ou au congel pour éviter qu'en fondant à la chaleur du rouleau, le beurre ne se mélange à la pâte. Au final, un résultat gustatif incomparable avec la margarine.
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Bon résultat de feuilletage avec le beurre. Mais feuilletage raté avec les croissants à la margarine. Etrange.

Et le soir quand je rentre, je suis chez moi. Dans ma maison à moi.
Je reviens du métro, je passe par la rue piétonne Henri Barbusse où les primeurs et les fromagers papotent
Les mamans tiennent leur enfant par la main en rentrant de l'école
c'est doux
Elles donnent à leur progéniture des brioches pasquier qu'elles viennent d'acheter chez Shopi. Dans mon sac, mes petites brioches de l'école.
J'ai (enfin) reconquis mon statut de reine de la brioche :)
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